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À Quand la fin de l’éducation à double vitesse en Haïti ?

S’ ouvrir en septembre et se refermer en juin généralement (selon le calendrier du MENFP), l’école en Haïti est surtout reconnu pour l’inégalité qui règne en son sein. Le système éducatif haïtien fonctionne à un double rythme : d’un côté le programme du nouveau secondaire qui peine à se mettre en place et d’autre l’ancien système qui répond plus aux exigences de l’heure. Une éducation à double vitesse.

S’ il y a quelques écoles bien structurées, répondant aux normes et donnant une formation potable uniquement réservée pour les plus capables ; pour les autres, ceux qui constituent les familles à faible revenu, il est facile de constater les conditions précaires dans lesquelles ils apprennent.

À l’autre extrémité, ce sont les écoles dites “borlettes“, qui sont majoritaires dans le pays, dont tout laisse présager une formation au rabais : Mauvais positionnement des écoles, espace restreint d’où l’on constate un surchargement des salles de cours, ajoutées à cela, la malformation des professeurs et bien d’autres paramètres, qui servent d’obstacles à un enseignement de qualité.

Conscient de l’écart qui existe entre ses 2 types d’écoles, certaines personnes ont toutefois tenté d’expliquer les raisons de leur choix : “On n’a pas de moyens, on ne travaille pas, les prix de ces écoles quoique douteuses sont plus ou moins à notre portée.”, “Pito nou lèd, nou la“. Ont-elles lâché. Même si certains autres ne partagent pas leurs avis.

Mise à part cela, les autorités n’ont jamais sur pieds une réelle politiques de l’éducation en Haïti. Il y a aucune structure. Pas même des données statistiques sur le nombre d’écoles qui existent dans le pays. Ce qui occasionne plein de dérives. N’importe qui peut monter une école n’importe comment. Des gens se disent directeur(s)/trice (s), sans formation aucune, peuvent librement transformer leur maison en école, rien que pour assurer leur survie économique. Pour attirer les moins capables, ils offrent beaucoup d’avantage dont l’admission en classe supérieure peu importe les résultats enregistrés au cous de l’année scolaire. Et face à tout cela, l’État ne fout rien.

Déjà, cette année encore, la réouverture des classes est fixée au 9 septembre. On s’ apprête encore une fois à revivre les tohu-bohu des parents de plus en plus bousculés par la chèreté de la vie quotidienne et qui n’ont pas encore acquitté l’année académique 2018-2019.

Ce terrible constat nous montre à quel point l’inégalité économique joue un rôle prépondérant dans cette situation dont les dirigeants se foutent royalement. Et renverser cette situation nécessite un long et profond changement dans le système. Un changement qui ne devrait pas se faire attendre. Puisque la situation se détériore dans la mesure où plus d’un se sent plus que jamais concerné.

À comparer deux élèves de même classe, dont l’un provient d’une école respectant les normes d’Apprentissage et l’autre de la catégorie modeste : ils n’ont pas souvent les mêmes capacités de réfléchir et/ou de s’ exprimer, ils ne portent pas les mêmes livres, ils n’apprennent pas les mêmes choses de la même manière. Ce qui demeure l’un des éléments dangereux pour le pays.

 

RÉDACTION : Ritchy Fortuné

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