Jean Jacques Dessalines, le héros immortel

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Esclave né en 1758, Jean-Jacques Dessalines est devenu l’un des plus importants chefs militaires de la révolution haïtienne (1791-1804) et le premier chef d’État d’Haïti jusqu’à son assassinat en 1806 à la suite d’une insurrection dans le Sud.

Bien que l’héritage général de Dessalines ait considérablement évolué avec le temps et que la plupart des historiens reconnaissent aujourd’hui l’importance de ses initiatives de renforcement de l’État, les chercheurs restent divisés quant à son héritage ultime. Ils soulignent, d’une part, les tendances violentes du régime de Dessalines.

Dans son influent État, État contre nation: les origines et l’héritage du duvaliérisme (1990), Michel-Rolph Trouillot souligne que si Dessalines a préservé une grande partie des méthodes de gouvernement de Toussaint Louveture, le dirigeant haïtien a notamment insisté sur la militarisation de l’agriculture, ce qui a provoqué un grand mécontentement parmi les survivants. libres.

S’il semble inutile de débattre de la question de savoir si Dessalines était un héros ou un despote (ou si de telles catégories peuvent rendre justice à la complexité de son régime politique), il convient de rappeler que le dirigeant haïtien avait hérité de nombreux problèmes non résolus de la révolution haïtienne.

En 1804, l’état haïtien émergent était une société à plusieurs niveaux où existaient de profond antagonismes parmi les nouveaux et les anciens libres. Le fait de pousser les Français hors d’Haïti n’a créé qu’une trêve temporaire entre les chefs militaires noirs et leurs homologues «mulâtres».

En plus de tenter de créer un sentiment d’unité nationale entre des individus très différents, Dessalines devait également faire face au problème de la revitalisation de l’économie haïtienne à un moment où le pays n’avait aucune reconnaissance formelle de sa métropole ni des États-Unis autre nation indépendante des Amériques).

Si Haïti devait survivre et ne pas succomber au rétablissement de l’esclavage (comme ce que la plupart des Caraïbes françaises ont connu après 1802), il faudrait qu’il soit un État stable.

Si Dessalines aurait pu choisir de siéger plus démocratiquement sous son autorité, la redoutable tâche de gouverner un pays unique dans un monde atlantique hostile (et essentiellement esclavagiste) a peut-être inspiré l’agressivité de certains dirigeants. Seules davantage de bourses peuvent nous aider à mieux comprendre la figure et le leader politique derrière Jean-Jacques Dessalines.

 

 

RÉDACTION : Ravensley BOISROND

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